
Les téléphones portables n’ont pourtant pas toujours été aussi populaires, et ceux que nous connaissons aujourd’hui sont le fruit d’une longue évolution, qui prend
sa source plusieurs dizaines d’années en arrière.
Quelle est donc l’histoire de ces appareils, que nous sommes si nombreux à utiliser quotidiennement ?
La mobilité, dès lors que l’on parle de téléphonie, est un concept qui est arrivé très progressivement. L’idée première d’un téléphone mobile était de permettre à ses utilisateurs de passer et de recevoir des appels alors qu’ils se trouvaient en dehors de chez eux. Deux principales contraintes compliquent cette opération à l’époque. La première est l’alimentation d’un tel appareil, qui demande beaucoup trop d’énergie pour fonctionner avec de simples piles. La seconde est la mise en place d’une antenne volumineuse, alors indispensable pour espérer se connecter à un réseau sans fil. Ce sont ces deux contraintes qui ont poussé le téléphone à quitter la maison pour s’incruster dans nos voitures. En effet, cela réglait du même coup les problèmes d’alimentation (le téléphone se fournissant en énergie sur la batterie de l’automobile) et de l’antenne (il fallait alors rajouter une antenne supplémentaire au toit de sa voiture).
Les prémices de la téléphonie mobile
C’est ainsi que, dans les années 50, les premiers téléphones mobiles s’intègrent dans les voitures françaises. Celui-ci n’est toutefois pas des plus pratiques, et se base sur un réseau manuel. Concrètement, lorsqu’un utilisateur décroche son téléphone, il occupe l’unique ligne du réseau, et un voyant signale aux autres utilisateurs qu’ils ne peuvent pas utiliser la ligne au même moment. L’utilisateur en ligne donne alors le numéro à contacter à une opératrice, qui établit ainsi la liaison. Une fois que l’utilisateur raccroche, il libère la ligne pour les autres abonnés. Ce système, bien qu’il constitue l’un des premiers concepts de téléphonie mobile, n’a pas rencontré un grand succès, mais a tout de même vécu jusqu’en 1973. À cette époque, on dénombrait près de 500 abonnés à ce service.
Le concept a évolué plus tard, tout en restant cantonné à la voiture. C’est avec le réseau Radiocom 2000, et le téléphone du même nom, que les prémices du téléphone cellulaire font leur apparition. Ce réseau utilise une bande de fréquence plus élevée que ses prédécesseurs et permet à de nombreux utilisateurs de téléphoner simultanément, mais surtout fonctionne sur un principe dit de « cellules ». Concrètement, les fréquences d’utilisation sont attribuées par cellules, une cellule étant une zone géographique définie. Un téléphone utilisant le réseau Radiocom 2000 est donc capable de sortir d’une cellule pour se connecter automatiquement à une nouvelle, le tout sans couper la communication en cours, une révolution pour l’époque. Ce réseau est déployé massivement en France en 1986, et connaît rapidement un certain succès. Très vite, il compte plus de 60 000 abonnés. Un succès qui ne perdure cependant pas, car c’est aussi à cette époque que la concurrence commence à se montrer, notamment avec la création en 1988 de la Société française de Ratiotéléphones, connue aujourd’hui sous le nom de SFR…
Les téléphones mobiles prennent leur source de nombreuses années en arrière. Si Motorola est connu comme le constructeur du tout premier mobile sous la forme que nous leur connaissons aujourd’hui, l’idée de mobilité dans la téléphonie est née bien avant cette prouesse technique. Ainsi, si on se penche plus près sur ce premier prototype d’il y a près de 35 ans, on se rend compte des très nombreuses avancées technologiques qui ont été effectuées dans la téléphonie mobile en plus de trois décennies.
Bien malin sera celui qui pourra prédire de quoi la mobilité de demain sera faite. Ce secteur n’a certainement pas fini d’évoluer, et les téléphones portables ont
fini par prendre une place importante dans notre vie quotidienne. Quelles nouveautés nous réservent les téléphones du futur ? Certainement un haut débit toujours plus haut, toujours plus
d’échanges, et peut-être même des surprises que nous ne soupçonnons pas encore…
En résumé:
1955, création d’un service de radiotéléphone de voiture
1973, automatisation du radiotéléphone
1976, ouverture de la radiomessagerie Eurosignal
1981, lancement au CNET du projet numérique Marathon
1981, mise en service du système cellulaire nordique NMT
1982, création du Groupe Spécial Mobile à la CEPT
1986, lancement à Paris du téléphone de voiture Radiocom 2000
1992, ouverture du service Pointel de communications urbaines
1993, ouverture commerciale du service GSM sur le réseau public
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